Prix des Espoirs de l’architecture BNP Paribas Real Estate 2025 : 3/3 pour les étudiants de l'ENSAPLV !

© Rudolph Lagarrigue

Cette 18e édition du concours, qui s’adresse aux étudiants de 4e et 5e année d’études, en école d’architecture et/ou bi-cursus ingénieur-architecte, avait pour thème : Adaptation et atténuation : anticiper et agir face au dérèglement climatique.
Les candidats étaient invités à imaginer un projet de transformation de bâtiments tertiaires vacants situé en France, explorant l’adaptation au changement climatique à travers plusieurs axes : la protection des usagers face aux aléas climatiques, l’évolution et le partage des usages, la résilience du bâti existant et la réduction de l’impact environnemental.

Présentation des projets lauréats

Sélectionné pour la qualité de sa réflexion et la pertinence de sa réponse aux enjeux climatiques, le projet propose une réponse architecturale sensible et innovante face à l’intensification des épisodes hydriques. Il s’implante dans un quartier de Rouen marqué par l’isolement urbain et par une montée progressive des eaux, avec des nappes pouvant atteindre 1,5 mètre à l’horizon 2100.

Plutôt que de lutter contre cet aléa climatique, le projet choisit d’apprendre à vivre avec. Le bâtiment devient ainsi une bibliothèque de quartier pensée comme un véritable réservoir, capable d’accueillir à la fois le savoir et l’eau de pluie. Son rez-de-chaussée végétalisé, conçu comme un sol libre et poreux, fonctionne en temps calme comme un jardin public et se transforme, lors des épisodes pluvieux, en paysage amphibie parcouru de pontons.

À l’intérieur, l’architecture s’organise comme une machine hydraulique. Une salle-réservoir centrale peut alternativement accueillir des conférences ou stocker l’eau avant de la redistribuer dans des circuits de réemploi. En façade, une double peau vitrée agit comme une cuve verticale, jouant le rôle de jardin d’hiver ou de contenant hydraulique selon les conditions climatiques.
En faisant de l’eau non plus une contrainte mais une ressource, « En attendant l’orage » propose un modèle reproductible à l’échelle urbaine. Multipliées dans la ville, ces architectures formeraient un réseau de réservoirs capables d’absorber les excès hydriques tout en recréant du lien social.

Inspirée de « New York délire » de Rem Koolhaas, ce projet revendique une posture critique et prospective : observer un territoire ordinaire et y projeter une vision assumée de la ville de demain.
Le terme « délire » n’est pas ici synonyme d’excès ou d’absurde, mais d’utopie constructive. Il s’agit de prendre le contre-pied d’un urbanisme parfois standardisé pour proposer une architecture plus généreuse, plus végétale et plus collective.

Les étudiants imaginent un immeuble vert, éco-responsable et ouvert sur son quartier, intégrant une place végétalisée semi-perméable, des terrasses plantées et un potager collectif. L’objectif est de créer un bâtiment qui respire, limite les îlots de chaleur et favorise les échanges entre habitants.

Au-delà des performances environnementales, le projet met l’accent sur les espaces communs : foyer partagé, lieux de rencontres et espaces intergénérationnels. Le projet « Bobigny Délire » défend ainsi une architecture qui dépasse le simple logement pour recréer du lien social et imaginer une ville plus durable, collective et vivante.

Soumis au vote des internautes, le projet de Malaury Pierre et Maxime Caudrelier a recueilli un total de 890 voix.

Ce projet propose la transformation d’une ancienne agence bancaire vacante en Guadeloupe en un lieu nourricier et résilient. Face à l’intensification des pluies, à la chaleur croissante et aux sols fragilisés, l’architecture choisit de composer avec le climat tropical plutôt que le contraindre.

Les espaces sont surélevés pour anticiper les remontés d’eau, les sols désimperméabilisés pour favoriser l’infiltration et la ventilation naturelle assurée par les alizés limite le recours à la climatisation. Mobilisant des ressources locales comme la fibre de coco et le bois tropical, le bâtiment devient un écosystème ouvert. Une crèche, des ateliers culinaires, une serre productive et des espaces collectifs redonnent vie au tertiaire vacant, reliant climat, alimentation et lien social dans un modèle adaptable à d’autres territoires exposés. Le projet « Du bureau à l’assiette » démontre qu’en réhabilitant l’existant et en s’appuyant sur les ressources locales, l’architecture peut devenir un levier concret de résilience climatique tout en recréant des espaces de partage ancrés dans leur territoire.

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