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« Babel », le nouveau programme du Chœur d'Hommes de la Villette

© Jonathan Cassiaux

Babel

Le programme est composé uniquement de chants religieux (des trois religions du livre), car Babel, c’est tout d’abord Bâb-Illah, c’est-à-dire « la Porte de Dieu », donc un rapport très particulier au sacré : celui d’un pont souhaité et projeté entre la Terre et le Ciel.
Ensuite, ces chants sacrés, de composition ancienne ou moderne, sont tous interprétés dans leurs langues originales de composition, différentes les unes des autres. Les choristes chantent ainsi en latin, grec, anglais, ukrainien, russe, persan, arabe, araméen, bosnien, croate, zoulou, swahili, estonien,… car Babel, c’est évidemment un rapport particulier au langage, et peut-être même la question de la différence entre langue et langage.
Enfin, Babel, c’est aussi la volonté de construire, l’idée que le projet fait le commun, que construire quelque chose c’est permettre de faire société, d’inclure des individualités dans un espace collectif.
Cet ensemble de chants est accompagné par un corpus de textes (tous lus en français) autour de ces trois axes de recherche, tirés de différents styles et époques : des passages du pentateuque, de romans de science-fiction, de poésies contemporaines, de nouvelles, d’essais scientifiques, de documents historiques, qui sont aussi, autour de ce thème babélien, des langages différents s’appropriant un même mythe.
À partir de ces chants et de ces textes, se répondant en contrepoint et formant un dialogue entre musique des notes et agencement des mots, une idée émerge : peut-être que la musique la plus simple qui soit, celle du chant, qui n’a besoin de rien d’autre qu’une bouche pour la dire et une oreille pour l’entendre, est la véritable langue adamique, celle des origines, le Langage commun à ce qui forme ce petit espace que l’on partage et que l’on nomme l’Humanité.

  

Le Chœur d’Hommes de La Villette est un chœur masculin a cappella fondé en 2014 à l’ENSA Paris-la Villette.

Placé sous la direction de Loïk Blanvillain, il est composé d’une quarantaine de chanteurs, majoritairement des professionnels des métiers de l’architecture et de l’espace. Cette spécificité le pousse à découvrir de nouveaux lieux de représentations et à imaginer parfois des concerts spatialisés, concevant des représentations en fonction des lieux qui les accueillent en utilisant la position des choristes et le type de chant interprété pour donner à voir le lieu autrement, le révéler, au sens photographique du terme.