By Living We Learn, by Creating We Think. L’héritage vivant des Summer Schools d’Édimbourg

Summer Meetings d’Édimbourg, 1893, University of Strathclyde, Glasgow – © DR
Cette journée d’étude s’intéresse à l’héritage de Patrick Geddes et de ses Summer Schools d’Édimbourg.
L’objectif est d’examiner comment son approche holistique et interdisciplinaire — fondée sur l’observation directe des territoires, l’expérience des lieux et le croisement de disciplines comme la biologie, la géographie, la sociologie et l’architecture — peut inspirer aujourd’hui les formations en architecture, urbanisme et paysage.
La rencontre étudiera également différentes expériences pédagogiques similaires, en Europe et aux États-Unis, afin de comprendre leur potentiel d’apprentissage, de transmission et d’action sur les territoires.
Enfin, elle cherchera à mettre en lumière les filiations intellectuelles de la pensée de Geddes, notamment ses liens avec l’écologie, la sociologie et l’histoire urbaine, pour réfléchir au rôle actuel des concepteurs face aux crises environnementales et à la nécessité de préserver l’habitabilité des territoires.
Le mot d’accueil de la directrice de l’ENSA Paris-la Villette, Anne D’Orazio, sera suivie d’une conférence inaugurale prononcée par Murdo Macdonald, historien de l’art à l’université de Dundee, Écosse : The vision of Patrick Geddes: summer meetings, publishing and colleges.
Le lendemain, les intervenants suivants, entre autres, prendront la parole :
Jeudi 24 septembre à 10h30
Pierre Chabard, historien de l’architecture, enseignant-chercheur à l’ENSA Paris-la Villette : Scénographie des Summer Meetings d’Édimbourg
Inspirés du mouvement britannique d’extension universitaire, les summer meetings que Patrick Geddes a organisés à Édimbourg de manière d’abord informelle et confidentielle à partir de 1887 puis d’ampleur et de structuration croissante jusqu’en 1899 constituent avant tout un dispositif de mise en dialogue des grands domaines de la connaissance scientifique entre eux et de leur diffusion dans des cercles plus larges. Ils doivent être également envisagés comme un des multiples leviers de l’action réformatrice très singulière que le biologiste mène durant cette longue décennie dans le Vieil Édimbourg et que nous pourrions brièvement décrire comme une œuvre fondamentalement éducatrice visant à agir sur l’humeur civique d’une ville pour infléchir positivement le cours de son évolution. « Vivendo discimus [en vivant nous apprenons] » répétait Geddes.
Son approche pragmatiste et nonlivresque de l’éducation donnait une importance cruciale à sa spatialisation, l’espace architectural, urbain et géographique constituant à la fois le cadre, le vecteur et l’objet même de la transmission. C’est sous cet angle que nous aborderons les summer meetings d’Édimbourg, en formulant l’hypothèse que le programme de conférences, séminaires, ateliers, concerts ou excursions faisait l’objet d’une spatialisation raffinée et intentionnelle, favorisant l’interaction collaborative des participants avec le quartier, la ville, la région, etc. C’est cette dimension proprement « scénographique » que nous entendons mettre en évidence.
Jeudi 24 septembre à 14h00
Catherine Maumi, historienne de l’architecture, enseignante-chercheuse à l’ENSA Paris-la Villette : The Clearing et Taliesin: école du sol et mode de vie organique comme alternative à la formation universitaire
Le Wisconsin se distingue dès la fin du XIXe siècle par sa politique éducative en faveur de réformes progressistes en matière d’enseignement. Si le learning by doing de John Dewey constitue aujourd’hui une référence majeure, l’Experimental College proposé par Alexander Meiklejohn à l’université du Wisconsin défend des ambitions pédagogiques similaires. Dewey comme Meiklejohn sont des amis de Frank Loyd Wright qui crée, en 1932, le Taliesin Fellowship, lieu d’apprentissage de l’architecture organique.
Habitué des lieux, où il intervient régulièrement à l’invitation de l’architecte, le paysagiste Jens Jensen, fondateur de l’association Friends of our Native Landscape, contribue à transmettre aux apprentis sa connaissance de la flore indigène et des systèmes écologiques propres au Middle West. Wright et Jensen se connaissent depuis le début du siècle, lorsqu’ils étaient tous deux engagés à Chicago dans l’invention d’une architecture et d’une démarche paysagère spécifiques aux Grandes Plaines du Middle West. En 1935, Jensen crée lui-même son « école du sol », The Clearing, à Ellison Bay (Wisconsin) en s’inspirant de l’expérience de Taliesin.
L’enseignement à Taliesin tout comme à The Clearing s’éloigne des cadres universitaires habituels pour proposer une diversité d’expériences artistiques et humaines, au contact de la nature.
Jeudi 24 septembre à 16h00
Alessia De Biase, anthropologue, enseignante-chercheuse à l’ENSA Paris-la Villette, discutante : Mouvement moderne
La journée d’étude est organisée par le LHAC (ENSA Nancy) et AAU_Cresson (ENSA Grenoble) avec le soutien de l’Université Grenoble Alpes et en collaboration avec l’ENSA Paris-la Villette, les éditions HDiffusion, le Centre Culturel International de Cerisy et l’Association Patrick Geddes France.
Cet événement est ouvert au public sans inscription préalable.
L’ensemble des interventions sera enregistré et publié ultérieurement sous forme de podcasts.





