Le

LAA / Soutenance de thèse de doctorat : Gilles Malzac

Collage à partir de deux fragments : «Topographie du Paradis terrestre de Athanasius Kircher (1675)
et «Stop-City» de Dogma (2007)
– © Gilles Malzac

Résumé

La critique de l’idéologie architecturale, telle que développée par Manfredo Tafuri, visait, historiquement, à dévoiler le message codé des formes architecturales, là où la sublimation des contradictions du capitalisme était la plus intense. Il nous appartient désormais d’en redéfinir les contenus épistémologiques, stratégiques, mais aussi sa fonction et son rôle pour l’architecture, corrélativement aux assemblages capitalogéniques du réchauffement climatique. Cette critique nous permet-elle encore de démolir le mythe de la pérennité et de la validité transhistorique des valeurs de l’architecture en tant qu’institution ? De démontrer la fonctionnalité toujours active de la compensation idéologique de l’architecture pour le développement capitaliste ? Ou bien, s’est-elle définitivement installée dans le boudoir des hermétismes et de l’institutionnalisation de la critique et de la théorie ?

Dans ce travail, nous (ré)engageons un dialogue entre trois figures masculines : Manfredo Tafuri (1935-1994), Fredric Jameson (1934-2024) et Pier Vittorio Aureli (1973 -). Toutes trois, malgré des conjonctures historiques spécifiques — du capitalisme fordiste au néolibéralisme —, des terrains académiques différents — continentaux et anglo-saxons — et des modalités d’interventions architecturales et politiques distinctes, investissent la critique matérielle des idéologies pour interroger la place de l’architecture dans les rapports de production capitaliste. En terme méthodologique, plutôt que de construire un cheminement linéaire entre ces pensées, nous proposons leur entrelacement afin d’examiner les impasses et les contradictions des concepts produits, mais aussi, leur adéquation avec des problématiques contemporaines. L’historicisation des pensées analysées, imprégnées de leurs contextes extra-disciplinaires respectifs — opéraïsme, matérialisme culturel — permet aussi de porter un regard critique plus large sur la trajectoire de la théorie en architecture : le déplacement d’une investigation critique de l’objet architectural, de ses conditions de production matérielle et idéologique, vers une théorie architecturale opérationnelle et auto-validante.

Le cheminement proposé, au voisinage de l’analyse de certains concepts fondamentaux de la philosophie critique (idéologie, base/superstructure, autonomie), révèle alors une tension dialectique. D’une part, l’architecture, comme institution, réalise bel et bien, par ses formes, ses techniques et sa division sociale du travail, les rapports sociaux de domination. D’autre part, certains types de branchements et de pratiques sociales rendent possible la subversion du statu quo.

Composition du jury

Sébastion Marot – Professeur, ENSA Pairs-Est (président)
Beatrice Lampariello – Professeure, Université Catholique de Louvain (rapportrice)
Manuel Bello Marcano – Maître de conférences HDR, ENSA Saint-Étienne (rapporteur)
Carmen Popescu – Professeure, ENSA Paris Val-de-Seine (examinatrice)
Alice Sotgia – Maître de conférences HDR, ENSA Paris Malaquais (examinatrice)
Xavier Wrona – Maître de conférences, ENSA Saint-Étienne (examinateur)
Manola Antonioli – Professeure, ENSA Paris-la Villette (co-directrice)
Jac Fol – Professeur émérite, ENSA Paris Malaquais (co-directeur)

  

Accès en distanciel 
La soutenance est publique, ouverte à toutes et tous, et sera retransmise en direct via le lien suivant pour celles et ceux n’ayant pu se déplacer :
Lien Teams pour suivre la soutenance en direct

Accès en présentiel 
Afin de faciliter l’organisation, veuillez enregistrer votre présence via le formulaire en lien ci-dessous:
S’inscrire