Tinkuy : Aprender del territorio

© Diane Doray
L’exposition restitue une expérience de terrain menée à Saraguro, en Équateur, autour de la construction participative de deux salles de classe pour l’école Inti Raymi. Pendant cinq semaines, étudiants de l’ENSA Paris-la Villette, architectes équatoriens et habitants ont collaboré étroitement dans une dynamique collective proche de la « minga », forme traditionnelle d’entraide.
Le projet met en lumière une approche située de l’architecture, fondée sur l’apprentissage du territoire, l’utilisation de ressources locales et la transmission de savoir-faire.
Au-delà de l’objet construit, cette expérience interroge les pratiques contemporaines de l’architecture, en explorant des formes de coopération interculturelle et des modes de production plus sobres et ancrés dans leur contexte.
L’exposition s’organise en trois temps :
- Territoire : Une lecture sensible du paysage de Saraguro, mettant en relation ressources naturelles, milieux vivants et pratiques constructives.
- Communauté : Une mise en lumière des acteurs du projet et de la culture kichwa, à travers les échanges, les savoir-faire et les formes de vie collective.
- Chantier : Le chantier comme espace d’expérimentation et de vie, où se mêle apprentissage, construction et quotidien partagé.
Photographies, maquettes, dessins, plans et ateliers de construction en terre jalonnent ce parcours.
Commissariat et production :
- Étudiants de l’ENSA Paris-la Villette, membres de l’association étudiante Une École pour Guayas 2025 : Louise Paolasini, Aurore Chabrol, Diane Doray, Arthur Tristram et Noé Riaud
- Casa Común — association d’appui en accompagnement à la construction en terre et fibres : Pamela Cumbal, Luis Alarcón, María Belén Cumbal
- Enseignants à l’ENSA Paris-la Villette : Diane Aymard et Olivier Boucheron
Ce projet s’inscrit dans la continuité des actions menées par l’association Une École pour Guayas, qui, depuis sa création en 2001, développe des projets de construction et de restauration de bâtiments éducatifs en collaboration avec des communautés équatoriennes. Fondée sur un engagement à la fois matériel et humain, l’association mène des initiatives solidaires en lien étroit avec les acteurs du territoire.
Confrontée à des contextes politiques évolutifs, elle a progressivement élargi son champ d’action au Pérou. Chaque année, des étudiantes et des étudiants de deuxième année de licence à l’ENSA Paris-la Villette s’engagent dans ce processus, en recherchant des financements et en établissant des partenariats avec une communauté d’accueil et des structures locales. Cette dynamique annuelle, portée par le renouvellement des promotions, fait du projet un espace d’apprentissage continu, où se croisent expérimentations, engagements et diversité des pratiques constructives.
Depuis mai 2025, l’association est reconnue d’utilité publique par l’État français, marquant une étape dans la reconnaissance de ses actions. Parallèlement, les projets développés tendent, depuis 2021, à accorder une place croissante aux savoir-faire vernaculaires, en valorisant les ressources locales et les pratiques constructives situées, au cœur d’une réflexion plus attentive aux contextes et aux modes de faire existants.
Dans cette continuité de pratiques situées et collaboratives, Casa Común s’inscrit comme une initiative complémentaire portée par trois architectes équatoriens : Pamela Cumbal, Luis Alarcón et María Belén Cumbal. Fondée en 2024, l’association naît d’une volonté commune de questionner les modes de production de l’architecture contemporaine à travers la valorisation des matériaux naturels, des savoirs locaux et des pratiques constructives adaptées aux territoires.
Casa Común développe une approche ancrée dans les réalités sociales et environnementales des communautés avec lesquelles elle travaille. Son action s’articule autour de trois axes principaux : la recherche, la formation et l’assistance technique. Elle s’attache notamment à explorer et documenter des techniques constructives locales ou innovantes, à transmettre des savoir-faire traditionnels et à accompagner des projets de construction à base de matériaux bio et géo-sourcés.
L’association intervient directement sur le terrain à travers des démarches de diagnostic participatif, favorisant le dialogue avec les habitants afin d’identifier les besoins réels des territoires. Elle valorise également les savoirs matériels et immatériels, en intégrant les pratiques constructives vernaculaires dans des projets contemporains, qu’ils soient urbains ou ruraux.
À travers cette approche, Casa Común contribue à une réflexion plus large sur une architecture sobre, inclusive et résiliente, capable de répondre aux enjeux sociaux et climatiques contemporains tout en s’appuyant sur les ressources et les intelligences locales.
Exposition accessible du lundi au vendredi de 10h à 19h, samedi de 10h à 18h, sauf le vendredi 8 mai (Fête de la Victoire 1945). Entrée libre.
Vernissage le mardi 5 mai 2026 à 18h30.
À l’occasion du vernissage, venez expérimenter le sgraffito : une technique d’enduit en terre consistant à superposer des couches de couleurs différentes et à les gratter pour faire apparaître des motifs.
Au croisement du geste constructif et de la recherche plastique, ces ateliers invitent à interroger la terre comme matériau vivant, ancré dans des savoir-faire traditionnels et porteur d’enjeux contemporains.
Une mise en pratique directe, ouverte à tous les profils — de la curiosité technique à la sensibilité architecturale.





